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Mme Maguette Diakhaté LY

Elle est née et a grandi à Pikine, en banlieue dakaroise, où elle a également fait ses études. C’est donc dans un environnement d’effervescence et de brassage culturel, mais parfois de précarité, que tout naturellement elle développe son sens du don de soi.

En 1974, après son diplôme en dactylographie, et à peine la vingtaine, elle va rejoindre son époux en France. Une fois là-bas, elle est accueillie par un centre qui l’aide dans ses différentes démarches. Elle commence d’abord par travailler dans des restaurants d’entreprise, avant d’ouvrir en 1986, une boutique d’artisanat africain à Paris.

En plus de son travaille, elle prête main forte à la communauté, en s’engageant comme bénévole. Cette expérience lui permet de côtoyer le désarroi des immigrés, des femmes et des enfants, qui parfois sont dépourvus de toutes ressources. De là, lui vient l’idée de créer, avec ses amis, ACOFA : Association de Coopération des Femmes Africaines, dont elle est la présidente.

Créée en 1993, l’ACOFA est née de la volonté́ d’accueillir des femmes africaines venues en France, de faciliter l’éducation de leurs enfants et leur insertion dans la société. Très rapidement, cette ambitieuse association franco-sénégalaise a été sollicitée par des femmes immigrées venues d’Afrique sans papiers et vivant dans des situations d’extrême dénuement.

Après de longues années passées en Europe, Mme Maguette Diakhaté Ly prend conscience du phénomène de l’immigration et, déjà à l’époque, elle entrevoyait les issues désastreuses sur lesquels il débouche aujourd’hui. Elle décide donc de retourner au Sénégal, pour investir et créer le Centre d’accueil Djiguen Djeuff (femme en action) de ACOFA.

Situé à Keur Massar, dans la banlieue, ce centre est destinées aux femmes africaines immigrées en France, qui sont seules ou avec des enfants, et qui ne savent pas trop comment faire pour rentrer au pays. ACOFA propose donc, à celles qui le souhaitent et quelle que soit leur ethnie d’origine, une alternative en Afrique avec un projet de retour construit. En effet, nombreuses sont les difficultés qui peuvent venir entraver leur retour au pays. Ainsi, Mme Ly compte leur offrir un lieu où « se poser » dans un premier temps, un lieu de formation également, avec des cours d’alphabétisation, de teinture, ou encore de maraîchage.

Par ailleurs, ACOFA s’inscrit dans un projet à long terme, avec un partenariat de proximité avec les communautés villageoises environnantes.

 Aujourd’hui, malgré les nombreuses difficultés qu’elle continu encore de rencontrer, notamment un litige foncier, Mme Ly a su mettre sur pied un centre fonctionnel sur plusieurs hectares, doté d’ateliers de teinture et de couture, d’une bibliothèque, d’une salle de cinéma, d’un groupe scolaire, d’une garderie, d’un verger et d’un restaurant.