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Haïdar El Ali

Haïdar El Ali, né le 27 janvier 1953 à Louga, est un sénégalais issu d'une famille libanaise qui immigre au Sénégal dans les années 1940 (à la suite d'une erreur, ses parents pensaient se rendre à Marseille). Jeune, il fait partie de l'équipe espoir de nage du Dakar, et devient apnéiste à 17 ans. Après son bac, il travaille d'abord comme fabricant de meubles pendant 12 ans.

En 1984, il passe son diplôme de plongeur professionnel en France, et devient directeur de l'Océanium de Dakar, qui n'était alors qu'une école de plongée. L'Océanium forme des militaires, des gendarmes, des agents des eaux et forêts et même les pompiers de Paris.

Lors d'une plongée en mer, il tombe sur une pêche à l'explosif et s'horrifie du spectacle. Il filme et produit alors la scène. C’est le début de son militantisme écologique et de la transformation de l'Océanium de Dakar en association de protection de la nature.

En 2002, lors du naufrage du Joola qui fit près de 2 000 victimes, il est l'un des premiers sur les lieux de la catastrophe. Il plonge, filme et livre ses observations avec amertume. Il est élu « homme de l'année » par la Radio-télévision sénégalaise.

Très actif contre la surpêche, Haidar El Ali a donné à son groupe de plongeurs un objectif de dépollution de l'océan au large du Sénégal : récupérer les quelque 3.000 filets de pêches abandonnés, qui continuent à emprisonner les poissons. L'équipe en a déjà enlevé 1.000.

En 2004, accompagné des collectivités locales, il entreprend la reconversion de l'économie de pêche en écotourisme dans le delta de Saloum.

Par ailleurs, notre écologiste convaincu sensibilise toutes les couches de la population à la nécessité de vivre en harmonie avec la nature. Ainsi, les populations comprennent de plus en plus l'importance du respect de l'environnement et luttent contre les déséquilibres engendrés par l'homme, en particulier dans la mangrove.

En 2009, Haidar El Ali y a insufflé une dynamique qui a permis de replanter 39 millions de palétuviers en Casamance. Un de ses nombreux objectifs à l’époque, était de replanter 100 millions d'arbres.

En 2008, à la tête de l'Océanium, Haïdar El Ali avait mené dans la forêt de Casamance une opération de replantation de 3 millions de palétuviers. Mais en mai 2016, un drone piloté par l'équipe de l'Océanium met à nu le chantier d'une exploitation illégale de bois de vène dans la même forêt. Il annonce que ce pillage, actif depuis 2010, pourrait transformer la forêt en désert dans les 2 ans.

M. Haidar a été désigné par le journal Le Monde comme « l'un des cent écologistes les plus influents de la planète ». Il est membre honoraire de l'Océanium de Dakar qu'il a présidé pendant plusieurs années. Parallèlement à son militantisme écologique, il est également très investi dans la sphère politique.

Après avoir soutenu Ousmane Tanor Dieng lors de l'élection présidentielle sénégalaise de 2012, il est nommé en avril 2012 ministre de l’Écologie et de la Protection de la nature dans le premier gouvernement formé après l'accession de Macky Sall à la présidence de la République. Il est reconduit dans ses fonctions ministérielles en septembre 2013 au sein du gouvernement d'Aminata Touré, mais chargé de la Pêche et des Affaires maritimes.

Début 2014, Haïdar El Ali révise l'accord thonier avec l'Union européenne, une révision qui rend payant l'accès à la pêche dans les eaux sénégalaises. Face aux messages de contestation de cette décision par Greenpeace, Haïdar El Ali rappelle qu'avant la révision de cet accord datant de 2006 et gardé secret jusqu'alors, les pêcheurs européens se servaient gratuitement dans les eaux sénégalaises. Durant la même période, il décide d'arraisonner un bateau de pêche russe, le Oleg Naydenov, qui venait pêcher illégalement dans les eaux sénégalaises. La diplomatie russe le tague alors de "sous-marin de Greenpeace".

Puis, toujours en 2014, il se lance dans la course des élections locales sous la bannière de la FEDES (Fédération démocratique des écologistes du Sénégal) à Ziguinchor. À la suite de sa défaite face à Abdoulaye Baldé, il démissionne en juillet 2014 de son poste de ministre de la pêche et des affaires maritimes. Dans une interview avec le magazine Jeune Afrique, Haïdar El Ali affirme qu'il souhaiterait se présenter à la présidentielle sénégalaise mais qu'il ne bénéficie pas des fonds nécessaires, car il refuse toute forme de corruption. En février 2016, il approuve la décision de Macky Sall d'effectuer un septennat et non un quinquennat.

Distinctions :

  • Chevalier (1995), puis officier (2002) de l'Ordre national du Lion du Sénégal
  • Chevalier (1998), puis officier (2013) de l'Ordre national du Mérite de France
  • Médaille d’honneur de la gendarmerie sénégalaise (2002)
  • Ordre national du Mérite du Sénégal

 Officier de l'ordre national de la Légion d'honneur de France (2013)