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Gora Diakhaté

  • Age: 28 ans
  • Projet: Maraîchage
  • Secteur: Production et Commercialisation
  • Localité: Thiès
  • Cohorte : Kajoor Jankeen

Né à Médina Fall, un village situé dans la région de Thiès, Gora Diakhaté est un jeune très dévoué au culte du travail et qui aime s’exercer au métier de la terre.

Après un parcours scolaire qui a connu des perturbations, Gora abandonna ses études et se focalise entièrement à sa passion: l’agriculture. «Avec mes parents, on partait souvent dans les champs et c’est là qu’est né cette passion.»

Au fil des années, Gora accumula plusieurs connaissances et expériences dans le domaine, mais ne savait pas comment le mettre à profit. Ce n’est qu’après avoir fait la rencontre d’un de ses amis, que les choses ont commencé à changer. Ce dernier, l’a mis en rapport avec la Fédération Kajoor Jankeen qui sélectionnait des jeunes pour le compte du programme Challenge. Son profil ayant convaincu les recruteurs, Gora devient alors bénéficiaires des formations du programme. «Depuis la période de sélection, j’ai su que le programme était utile.»

Il effectua alors des formations en compétence de vie et en entreprenariat auxquelles il tira beaucoup d’éléments nécessaires à la mise en œuvre de ses activités. «Avant je ne cultivais que des feuilles de menthe et de la salade, mais depuis la leçon sur la confiance en soi, j’ai eu le courage de cultiver du persil, du piment, et dans les années à venir, j’augmenterais la production. C’est peut-être un risque, mais je s’aurais comment m’y prendre.»

Gora commence désormais à se fixer des objectifs avec l’ambition de les atteindre, grâce aux différentes activités suivies au cours du programme. En passant des ateliers thématiques qui lui ont permis de renforcer ses connaissances dans le milieu de l’agro-business; aux expéditions pédagogiques qui lui ont donné plus de motivation et de nouvelles perspectives d’avenir, aux retraites qui lui ont offert l’opportunité de méditer sur lui même et d’avoir une vision claireet enfin aux projets de service communautaire; Gora avait tous les outils nécessaires pour une bonne gestion de son entreprise. «Durant les cours en entreprenariat, la leçon sur la gestion d’un projet m’a beaucoup marqué car je ne suis jamais parvenu à le faire. Aussitôt après la production, je vendais automatiquement la récolte sans aucune feuille de route. Les revenus n’étaient pas bien gérer, maintenant ce n’est plus le cas, j’ai appris à planifier, à budgétiser et à rendre plus rentable mes terres. Je sais faire du compostage pour fertiliser le sol grâce aux projets de service communautaire. De plus, J’ai fait des installations, implanté de nouvelles machines pour irriguer l’eau, ce qui me permet d’exploiter plusieurs surfaces en même temps. Mes connaissances et mes revenus ont vraiment augmenté grâce au programme Challenge.»

Ces nouveaux investissements effectués visent à augmenter la production maraîchère afin de combler le gap au niveau des marchés de la région de Thiès. La dénomination même de son projet ‘‘dolel maraîchage’’ en atteste la pertinence. «Le maraîchage dans notre région n’est pas trop développé, et à c’est nous les jeunes de lui donner la force de grandir pour augmenter notre économie. Mon objectif avec ce projet est de lutter pour l’autosuffisance alimentaire et de permettre à d’autres jeunes de trouver un emploi durable.»

C’est pourquoi, au vu de l’important défi à relever dans ce domaine, Gora n’arrive toujours pas saisir la motivation qui pousse ses pairs à quitter leur pays natal. «Je ne comprends pas pourquoi les jeunes font l’émigration clandestine, nos parents nous ont laissé des terres et c’est à nous de prendre la relève au lieu de partir dans d’autres horizons. Ici il y’a du travail, il faut juste avoir de l’ambition et de la volonté de travailler et ensemble nous pouvons gagner le pari.»

Pour Gora, cette jeunesse doit se départir de la politique de la main tendue et de s’auto-prendre en charge. «Le financement est un problème pour la jeunesse certes, mais si cette jeunesse croit en ses capacités, et a pleinement confiance, il est capable de se lancer sans attendre l’aide de quelqu’un. Moi personnellement, je n’attends rien de personne. Au contraire, j’investis de mes propres moyens car je crois en ce que je fais.»